PONTUS EUXINUS COMMENTARII PILSNENSES

Březina, P., éd. (2014.) : Pontus Euxinus. Commentarii Pilsnenses, Srní.

Ce petit ouvrage tchèque regroupe 5 contributions en français sur les liens entre la poésie et le Pont-Euxin. Outre Ovide, on évoque aussi Properce, Apollonios de Rhodes et Aviénus. Les auteurs, spécialistes de littérature antique se confrontent à l’espace pontique, tel qu’il peut apparaître à travers des œuvres poétique antiques. Une approche qui rappelle que les textes antiques ne sont pas seulement une source d’informations, mais aussi une mise en scène, un jeu.

L’introduction en latin de P. Březina présente l’apport à l’archéologie pontique des quatre frères Shkorpil (Vladislas, Joseph, Hermenegild et Carol), originaires de Pilsen.

Deux articles en français sont consacrés aux œuvres pontiques d’Ovide. D. Mantzilas présente de manière très descriptive les mentions des populations autour de Tomis par Ovide. C’est un relevé des mentions, utile, mais qui ne s’interroge pas sur leur historicité. Pourquoi, par exemple, Ovide mentionne-t-il des Colques (Tristes II, 191-192) près du Danube alors que, comme D. Mantzilas le précise à juste titre, ils vivent dans l’Est de la mer Noire ? N. F. Berrino interpréte les Pontiques, non comme les lamentations d’un exilé, mais comme un pamphlet contre l’inefficacité de la politique augustéenne dans la région du Bas-Danube, troublée encore par des attaques barbares. Il oppose notamment ce texte aux Res Gestae d’Auguste.

Deux oeuvre d’Aviénus, auteur du IVe s.,  sont étudiées par É. Wolff  quant à leurs relations avec la mer Noire. D’une part,il s’agit de l’Ora Maritima qui nous est parvenue incomplètement, mais dont l’objectif avoué est de présenter le Pont Euxin au destinataire de l’oeuvre, un certain Probus. Malheureusement cette présentation est réservée par Aviénus pour la fin de l’ouvrage  qui a disparu. Aviénus a aussi « traduit » en latin la Descriptio Orbis Terrae de Denys le Périégète. L’analyse des variantes entre les deux textes conduit É. Wolff à voir dans cette oeuvre une traduction libre romanisée du texte original grec.

D. Agri analyse les Argonautiques de Valerius Flaccus et d’Apollonios de Rhodes. L’entrée dans le Pont-Euxin y apparaît comme une catabase. Cela aboutit à une héroïsation des Argonautes, mais aussi de leurs héritiers pour ces auteurs antiques : d’une part Ptolémée II et Ptolémée III et d’autre part Vespasien. Les Lagides ont en effet mené une politique en mer Noire vers le milieu du IIIe s. avec notamment l’envoi d’une flotte dont le graffito de l’Isis trouvé à Nymphaion est l’écho. Vespasien après avoir affronté l’enfer d’une guerre civile en 69, cherche à fonder une ère nouvelle pour Rome comme l’ont fait Jason et ses compagnons.

M. Giannaki voit dans le pseudonyme Ponticus, poète épique, destinataire de certaines élégies de Properce, une allusion à la mer Noire, mais aussi au pont qu’il constituerait entre l’épopée et l’élégie.

Pour commander l’ouvrage et consulter le sommaire :

http://mujweb.cz/petr-brezina/pontus2014/index.html

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A propos Th. Castelli

Doctorant en histoire ancienne à l'Université de Paris X
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